GARÇONNE MAGAZINE : Goretty Ferreira, la fée « Pas peur » de l’entrepreneuriat féminin


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Elle a le sourire solaire et le regard franc, déterminé. Intarissable sur les avantages d’un entrepreneuriat féminisé, Goretty Ferreira est sur tous les fronts de la mixité, avec un objectif clair et avoué : » Les femmes ont toute leur place à la tête des entreprises, ou dans les postes à responsabilité. Qu’il s’agisse de création ou de développement, elles peuvent tout faire. Mais elles rencontrent encore de trop nombreux freins à la réalisation de leur projets, parfois même en s’auto-interdisant de réussir. Il faut changer les choses. Ma mission, c’est de les aider à se réaliser et à s’épanouir dans un projet professionnel qui leur corresponde à 100%, qui les rende heureuses, les amène à s’affranchir du poids de la tradition. » Une approche de l’accompagnement à la création d’entreprise inédite qui fait du sens dans un monde qui réclame de l’humain.

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Cette femme en forme d’ouragan a mis au point un programme d’accompagnement totalement atypique, en s’appuyant sur sa propre expérience personnelle et professionnelle et … sa formation en neurosciences. Une combinaison bien à part, mais taillée pour des femmes dont le niveau de confiance en elles vacille souvent sous le poids de la ritournelle culturelle.

Interview découverte avec la fondatrice de l’Agence pour l’Entreprenariat Féminin

GM : Aujourd’hui tu accompagnes des créatrices, mais aussi des salariées qui souhaitent se donner toutes les chances de succès dans leur carrière. D’où t’est venue cette vocation ?

J’ai commencé ma carrière dans le domaine de la finance et de la gestion patrimoniale dès mes 18 ans, et j’y ai passé 16 ans, jusqu’à occuper des postes à très hautes responsabilité. Ce milieu, essentiellement masculin, j’ai dû y faire ma place, et j’y ai pris conscience des obstacles que rencontrent les femmes dans leur vie professionnelle. Je pense à ce manque de confiance en elles, à ce syndrome de l’imposteur très souvent présent, toutes ces choses qui font que malgré leurs compétences, malgré leurs talents, elles n’osent pas. Elles n’osent pas se mettre en avant, elles n’osent pas saisir l’opportunité dont elles rêvaient, et parfois même, refusent des responsabilités qu’elles pourraient tout à fait endosser.

Cet environnement ultra-masculin m’a permis de réaliser l’ampleur du problème. Pourtant, moi-même, je n’avais pas eu la sensation de lutter, j’ai toujours fait ce que j’avais décidé. Ayant été élevée par des hommes, mon père et mon frère, je crois avec le recul que j’ai eu moins de freins, moins de croyances inculquées à propos de mes limites en tant que femme. Maman moi-même, je sais combien nous les mamans protégeons (surprotégeons même) nos enfants, tandis que les pères ouvrent les enfants au monde. Peut-être y a t’il de cela aussi.

GM : Comment passe t’on de la finance à l’accompagnement des femmes ? Un déclic ?

Non, il s’agit à la fois d’une quête personnelle de sens et d’une opportunité qui s’est présentée.

Cette conscience de la question du bien-être et du bonheur de la femme a pris une importance de plus en plus grande jusqu’à s’imposer totalement. A la naissance de ma seconde fille, je me suis dit que c’était le moment ou jamais de me lancer. Hors de ma course effrénée quotidienne habituelle, lors de mon congé maternité, j’avais ce temps de réfléchir et de mûrir la façon dont j’allais pouvoir agir pour les femmes. J’avais travaillé dans le domaine du business développement pour de grands groupes pendant des années, j’ai donc naturellement opté pour l’accompagnement des femmes dans la création de leur structure, mais pas seulement. Entreprendre, de mon point de vue, c’est entreprendre sa vie. Un désir d’aller de l’avant dans l’entreprise, d’accéder à un poste de top management, c’est une entreprise au même titre que celui de créer sa structure.

Mais j’ai aussi pris le temps de chercher ce qui me plaisait vraiment. La technique du business développement n’était pas suffisante : il me manquait fondamentalement le facteur humain, puisque s’occuper de femmes, de personnes, on ne peut pas le faire dans la froideur technique, ça n’aurait aucun sens. Pour effectuer ma reconversion, j’ai repris mes études, et me suis donc tournée vers les neurosciences, l’intelligence émotionnelle et une certification en coaching , qui correspondaient à mon esprit cartésien. Il me fallait comprendre comment nous fonctionnons et accompagner les femmes avec des connaissances solides dans les mécanismes de la pensée, de l’humain intérieur, et maîtriser les clés d’un coaching professionnel et efficace.

GM : Le développement personnel est central dans ta démarche, presque vital. On laisse tomber les tableaux Excel et le sacro-saint prévisionnel à 5 ans ?

Je crois qu’on ne peut pas créer, entamer un renouveau professionnel, sans se connaître, sans savoir quelles sont les émotions qui nous poussent positivement à agir, sans être capable de définir ses valeurs, ses besoins en matière d’épanouissement. Entreprendre c’est être libre de suivre son chemin à soi. Donc oui, dans le programme BoostElles ®, que j’ai conçu, il y a systématiquement un préalable qui consiste à savoir « Qui suis-je? »

Quelle que soit la demande que me pose une femme qui fait appel à moi, je démarre par un véritable travail d’accompagnement dans son introspection. Je la guide pour qu’elle apprenne à se connaître. Elle doit pouvoir identifier les clés de son épanouissement. C’est grâce à cela, sur cette base, que nous construisons son projet et définissons la façon dont elle va aller vers cet objectif. La stratégie et le projet se construisent autour de ce qui est essentiel à son bonheur et à son bien-être. C’est ce qui permet de respecter la notion fondamentale : l’équilibre de vie. Equilibre de vie professionnelle, équilibre de vie personnelle, tout doit être aligné. On doit ne faire aucune impasse sur ce qui est nécessaire à notre bien-être, on doit respecter les limites, et les besoins de sa personne à tous les niveaux. Que ce soit par exemple la famille, ou l’amour, oui, si cela fait partie de nos valeurs, alors, cela doit être pris en compte dans l’édification du projet professionnel.

GM : Le boulet des femmes, c’est la connaissance de soi ?

Exactement. Elles ne se connaissent pas. Elles ne peuvent donc pas s’estimer à leur juste valeur et leur confiance en elles en prend un coup, bien sur.

Je crois que nous protégeons les filles bien plus que les garçons. C’est ce qui permet à ces derniers d’expérimenter, de ne pas se mettre autant de limites que les femmes. C’est comme cela que j’analyse ma propre expérience. Mon père m’a toujours laissé tenter des projets, sans me protéger comme une maman l’aurait fait. Il ne m’a jamais mise sous cloche. J’ai grandi sous le regard d’hommes et je n’ai pas hérité de peurs. Je n’ai pas appris le doute. « En cas de problème, soit tu te laisses couler, soit tu tapes du pied, et si tu tapes du pied, tu finis par remonter » me disait mon père. C’est ce que j’ai retenu.

Beaucoup de femmes sont enfermées dans une identité transmise, dans des conceptions culturelles dont elles héritent, et faire exploser ce carcan c’est les révéler à elles-mêmes.

Beaucoup de femmes qui viennent me voir sont déstabilisées au début par mon approche, mais une fois le travail fait, quand la connaissance et la confiance en soi sont là, elles gagnent en charisme, en leadership, la posture change, la façon d’agir change.

GM : Tu transmets donc à ta façon ?

Mon envie aujourd’hui c’est de donner aux femmes les moyens de saisir leur chance et d’avancer aussi. Le fait de se connaître à travers cette introspection, c’est la clé pour savoir ce que l’on doit nourrir pour avancer, ce qui nous bloque sur le chemin si on en est privé. Cela vaut autant qu’une découverte faite au fil de l’expérience.

La confiance en soi passe nécessairement par la connaissance de soi, de ses besoins. Si on en néglige certains, on se retrouve en déséquilibre, jusqu’à l’épuisement. Quand on finit par s’écrouler en ayant le job ou l’entreprise rêvés, c’est qu’à un moment donné, on n’a pas respecté ses limites ou été attentif à ses besoins. En se connaissant bien, on assure ce fameux équilibre nécessaire au bien-être. Tout projet professionnel doit selon moi en tenir compte, et n’en sera que plus solide et pérenne. La sérénité supprime les peurs héritées. Et sans ces peurs, on avance et ça ne peut que marcher.

La Note de la Rédaction

Confidence pour confidence : difficile de mener cette interview sans expérimenter le programme BoostElles ® J’ai donc suivi le programme et je dois avouer que j’ai été vraiment surprise. Au cours des 3 premières séances, je me suis auto-décortiquée, guidée par des explications extrêmement précises et rationnelles. J’ai découvert et mis en mots mes besoins, mes valeurs, j’ai changé en un temps éclair ma vision de l’entrepreuneuriat, et envisagé de nouvelles voies pour Garçonne. C’est en partie ce qui a permis à garconne-magazine.fr de repartir de plus belle, comme j’en parlais récemment dans un edito.

 

Source : Garçonne Magazine – Virginie Debuisson

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