L’inégalité salariale, symptôme d’une mixité qui se fait attendre : Et si tout n’était pas désespéré ?

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L’inégalité salariale, symptôme d’une mixité qui se fait attendre

Et si tout n’était pas désespéré ?

 

 

A partir de 16h34 le 7 Novembre, les françaises travailleront gratuitement jusqu’au 31 Décembre. En effet, la différence de revenu annuel dans notre pays est de 15% en moyenne selon Eurostat. La France occupe le 17ème rang mondial en matière d’inégalité des salaires entre hommes et femmes, et si nous conservons la vitesse actuelle pour réduire l’écart, il nous faudra attendre 2186, soit 170 ans, pour voir l’équilibre rétabli.
Beaucoup de femmes ont décidé de cesser le travail à l’appel du collectif « Les Glorieuses ». Mais pour beaucoup, ce ne sera pas possible : entrepreneures, salariées, chômeuses.
Que pouvons-nous dès lors faire pour que les hommes et les femmes soient rémunérés de la même manière pour leur travail, au delà des actions de sensibilisation publiques, comment faire de l’égalité hommes/femmes dans l’entreprise, une réalité ?

 

Depuis 2008, les inégalités salariales n’ont cessé de se creuser en France. Ce signe est inquiétant dans notre monde moderne et connecté, dans lequel le discours ambiant prône épanouissement et bien-être au travail, il s’agit d’un paradoxe, et du principal symptôme visible d’une égalité hommes/femmes encore trop absente dans le monde du travail.
Depuis leur entrée dans le monde du travail, et tout particulièrement depuis le XXème siècle, les femmes s’accomplissent dans des métiers jusqu’ici réservés aux hommes, elles revendiquent leur capacité à exercer toutes les fonctions, mais souffrent toujours du fardeau de la culture patriarcale de notre pays. De nos jours, même si elles restent minoritaires, de plus en plus de femmes se lancent dans l’entrepreneuriat, créent elles-mêmes leur entreprise, instaurent leurs propres règles. Voilà qui est un moteur d’espérance pour l’avenir.

 

Si elles ne peuvent faire grève pour exiger une rémunération équivalente, et une parfaite égalité entre hommes et femmes dans l’entreprise, les entrepreneures sont les plus à même de pouvoir agir dès à présent. Elles sont à la tête de leur propre entreprise, et peuvent non seulement définir un objectif de rémunération pour elles-mêmes, mais également pour leur équipe. Inscrire l’égalité au niveau salarial et à tous les niveaux de leur entreprise est un acte naturel et évident pour les femmes, mais encore faut-il que plus de femmes osent franchir le pas de créer. Or, les croyances que notre culture inculque encore aux filles empêchent les femmes d’oser prendre en main leur destin professionnel.
Prendre le temps de balayer ces croyances, de se découvrir, de comprendre ce qui nous fait avancer est un préliminaire incontournable pour concevoir son projet d’entreprise en harmonie avec sa personnalité, en s’affranchissant des préjugés et des dictats. Porter un projet qui permette à la passion et à l’enthousiasme de s’exprimer, c’est garantir sa pérennité. Prendre le temps de la connaissance de soi est une base fondamentale pour le succès. Et plus nous aurons d’entrepreneures, plus l’égalité s’installera dans l’entreprise en France.

 

Pas facile de stopper le travail pour toutes les salariées, encore moins de revendiquer leur juste place et leur juste rémunération, dans des entreprises ou des structures qui ne l’ont pas posé en préalable. Pourtant, il n’y a besoin d’aucun sondage pour savoir que 100% des femmes qui travaillent veulent cette égalité ! Les hommes n’y sont pas confrontés ce qui décuple leur confiance en eux, en leurs capacités à savoir « se vendre » et s’affirmer. Ils sont généralement majoritaires dans l’entreprise, et ne se posent pas toujours la question.
Les salariées, comme les entrepreneures, doivent aussi se donner les moyens de leurs ambitions. Là encore, les croyances, le manque de confiance en soi sont des obstacles redoutables à la progression de l’égalité. Aucune convention collective ne pose le genre comme critère de rémunération, alors il faut donner aux femmes les moyens de s’affirmer. A travers la même démarche de connaissance d’elles-mêmes, en suivant un accompagnement, une formation, pour gagner en confiance, elles peuvent franchir un premier pas. Le principe du droit à la formation en entreprise constitue un atout hors du commun. Apprendre à augmenter la confiance en soi permettra aux femmes de poser leurs revendications au quotidien, au fil de leur travail et des bilans annuels. Un mouvement de grève comme celui du 7 Novembre est utile et alerte l’opinion, mais c’est dans la durée et la continuité que l’égalité homme/femme dans l’entreprise sera gagnée. Demander une augmentation, un changement de poste en cohérence avec ce qui nous correspond exige d’oser agir. En connaissant ce qui nous pousse à l’action, nous avançons avec sérénité, avec une force de conviction décuplée. Les salariées peuvent aussi devenir de véritables intrapreneures de l’égalité, en proposant des projets collectifs d’amélioration de la rémunération des femmes, en faisant prendre conscience à leurs collaborateurs masculins de la performance que cette égalité induit.

 

Lors de la dernière soirée TEDxWomen Champs-Elysées consacrée à la mixité, le chiffre qui a été donné est éloquent : la parité permettrait de gagner 28 000 milliards de dollars au niveau mondial. Il est donc primoridial d’encourager les femmes à s’affranchir de leurs croyances héritées, de leur ouvrir les portes d’elles-mêmes et de les accompagner sur le chemin de leur épanouissement professionnel pour qu’elles accèdent jour après jour à cette égalité de traitement et de condition dans l’entreprise. Si le 7 Novembre est un signal fort lancé à l’initiative des femmes, faisons en sorte que le mouvement des femmes, entrepreneures comme salariées, soit de plus en plus important et constant. Faisons en sorte que les femmes osent au quotidien être actrices de leur vie. C’est en tout cas la mission de l’Agence pour l’entreprenariat féminin, et nous nous engageons sur ce chemin avec passion.

Goretty FERREIRA
Fondatrice et dirigeante

 

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