CADREMPLOI : Comment font les superwomen qui concilient vie pro et vie perso ?

Mener une carrière épanouissante et s’occuper de leur famille, les femmes veulent tout. Et elles ont raison, elles ne devraient pas avoir à choisir.
Mais dans les faits c’est plus compliqué.

Alors quatre expertes (désolé Messieurs) nous ont livré leurs conseils et réflexions pour réconcilier vie pro et vie perso.

Ne pas rentrer dans le débat : mère ou professionnelle

« Les enfants et la famille font partie intégrante de la vie des femmes. Concilier un métier intéressant et une vie de famille est tout à fait possible, à partir du moment où l’on est au clair avec soi-même, avec son employeur… et avec ses enfants », recommande d’emblée Christine Pruvost, consultante au sein du cabinet de chasse Stanton Chase. Ainsi, la mère peut expliquer à ses enfants que son travail constitue une source d’épanouissement personnel, et apporte un confort financier permettant d’assurer le quotidien. « De la même façon, je recommande de ne jamais mentir à son employeur sur ses contraintes familiales. Mais nul n’a besoin de se justifier lorsqu’on a besoin de s’absenter : cultiver l’image « maman qui a beaucoup de contraintes » peut devenir nuisible. Ainsi, si vous posez un jour pour accompagner vos enfants au zoo, n’expliquez pas pourquoi… comme un homme le ferait », insiste-t-elle.

Être orientée résultat

Portez davantage le débat sur vos résultats que sur votre temps de présence. Avoir des enfants n’est pas néfaste sur le travail. Au contraire. Les femmes sont plus efficaces sur le résultat. « Créez un espace de confiance avec votre entourage professionnel. Dites « j’ai une mission, j’ai eu tel résultat, tout se passe bien », afin que les choses soient claires sur votre engagement », illustre Catherine Bonneville-Morawski, créatrice et animatrice du club ComElles.

Arrêter de vouloir être parfaite

Les femmes souffrent souvent du syndrome de première de la classe. « Elles passent leur temps à faire en sorte que les choses soient parfaites à la maison et au boulot. Pour cela, elles en font souvent plus que demandé. Or, tout ceci prend du temps. Donc, arrêtez de chercher à être parfaite », insiste Catherine Bonneville-Morawski également dirigeante du cabinet Eragina, conseil en égalité professionnelle. Passez plus de temps autour de la machine à café à faire savoir ce que vous faites plutôt que de chercher la perfection.

Poser ses limites

Les réunions sont systématiquement tard le soir ? Pourquoi ne pas faire comme cette partner d’un cabinet de conseil qui a proposé des réunions à 23 heures à ses collègues hommes. « Elle a expliqué que c’était l’heure à laquelle elle se reconnectait de chez elle pour continuer à travailler après s’être occupée de ses enfants. Ce pari risqué a fonctionné, les horaires de réunion ont été avancés », relate Christine Pruvost. Autre exemple que celui de cette cadre qui hésitait à s’expatrier à cause de la garde future des enfants. « En exposant ses contraintes elle a obtenu un package d’expatriée comprenant la grand-mère pour s’occuper des enfants », raconte Catherine Bonneville-Morawski. Donc, osez exprimer vos contraintes plutôt que de vous autocensurer. Attention, on ne gagne pas à tous les coups.

Appréhender le temps différemment

Tous les outils permettent aujourd’hui d’arrêter de segmenter vie pro et vie perso. Vu qu’elles doivent gérer plusieurs vies de front, les femmes fonctionnent en silo. Autrement dit, quand elles sont au travail, elles ne font que ça. Si elles doivent par exemple partir à 16h30 pour un rendez-vous avec un prof, d’abord, elles préviennent plusieurs semaines avant de leur absence. Le matin même, elles le répètent à qui veut l’entendre et sont speed toute la journée. « Elles se sentent coupables de faire des choses personnelles sur leur temps de travail. Prenez un homme qui doit déposer sa voiture au garage, à 17h30, il s’éclipse sans rien dire, ne repasse pas au bureau mais peut potentiellement retravailler le soir. Il gère son temps de façon linéaire. Les femmes gagneraient à moins segmenter », préconise l’animatrice du club ComElles.

Apprendre à dire non

Attention, il ne s’agit pas de dire non à tout et tout le temps. L’idée est plutôt d’apprendre à refuser en proposant des alternatives. Quand votre boss vous dit « il n’y a que vous qui pouvez le faire », comprenez « vous êtes là seule qui ne me dira pas non ». Dans ce cas, à vous de proposer de dispatcher la somme de travail sur plusieurs personnes, de reporter la dead line. « C’est en apportant des alternatives que l’on obtient ce que l’on veut. Donc dites, « je comprends votre besoin et si on procédait de telle manière ». Il faut être capable de placer le curseur là où on le souhaite », conseille Goretty Ferreira, executive coach et fondatrice de l’Agence pour l’entreprenariat féminin. L’objectif est donc d’apprendre à savoir dire oui… mais à autre chose.

Lutter contre les idées reçues

« À chaque fois que des hommes vous prêtent des intentions ou parfois même, des non intentions, à chaque fois qu’ils pensent à votre place, reprenez-les haut et fort avec une phrase du genre « auriez-vous dit ça (envisagé ça) si j’avais été un homme ? », recommande cette experte. Déconstruire chaque stéréotype permet petit à petit de se faire une place.

Se centrer sur soi

Quand on leur demande ce qui est le plus important pour elles, les femmes répondent en général d’abord ma famille et mon boulot, mais elles ne pensent que très rarement à elles. « Or, être égoïste une heure par semaine pour ne penser qu’à soi, peut être salvateur. C’est l’occasion de réfléchir sur ses envies, sur les moments agréables de la semaine passée, sur les projets des jours à venir. C’est capital de s’autoriser à penser à soi et de ne pas avoir l’impression de voler du temps pour soi », commente Barbara Nativel, coach en leadership au féminin.

Prendre conscience de son emploi du temps

Souvent les femmes finissent par choisir entre carrière et famille car elles manquent de temps. Vous pouvez appréhender ce sujet, par exemple, en notant précisément pendant 15 jours le temps consacré à toutes les tâches que vous estimez ingrates. « La prise de conscience permet le changement. Du moins la régulation. Si vous passez 3 heures par semaine au téléphone avec une copine qui vous saoule, vous pouvez décider de ne plus répondre pour mettre à profit ce temps à une tâche qui vous enchante davantage », illustre Barbara Nativel.

Savoir déléguer

On l’a dit, il faut arrêter de vouloir tout faire à la perfection et donc pour cela, apprendre à déléguer. « Cela suppose de faire confiance à son entourage professionnel mais aussi personnel », suggère Barbara Nativel. Avec son conjoint, on se répartit les tâches en fonction des disponibilités des uns et des autres. « Et quand l’autre réalise cette tâche, on accepte qu’elle soit faite différemment… sans râler ni commenter », insiste-t-elle. Pourquoi ne pas aussi responsabiliser son (ou ses) ados sur certains sujets. « Leur donner des responsabilités est très valorisant pour eux. Tout le monde s’y retrouve », conclut-elle.

Évidemment, il ne suffit pas d’appliquer à la lettre tous ces conseils pour solutionner le problème des carrières des femmes. S’il y avait une solution miracle, ça se saurait. Mais le simple fait de s’interroger sur son mode de vie, ses envies, ses besoins, ses marges de manœuvre, va enclencher une réflexion vertueuse. Et peut-être qu’un jour, le débat n’aura plus lieu d’être. À condition d’y inclure les hommes.

Source : Cadremploi 
– 03 Novembre 2015 – 

 

 

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